Guide pratique

Feu de cheminée : que faire ?

Un ronflement dans le conduit, des étincelles sur le toit : le bistre a pris feu. Les gestes à faire tout de suite, ce qu'il ne faut surtout pas faire, les démarches après le feu, et comment éviter qu'un feu de cheminée ne se déclare.

Mis à jour en novembre 2026 9 min de lecture Vérifié sur les textes officiels

  • 19 914 feux de cheminée traités par les pompiers en 2024
  • 18 ou 112 à appeler, même si le feu faiblit
  • 5 jours ouvrés au moins pour prévenir l'assureur
Schéma d'un feu de conduit et des 5 bons réflexes : couper l'air, pas d'eau, sortir, appeler le 18, ne pas rallumer

Le guide pratique

On parle de feu de cheminée, ou plus justement de feu de conduit : ce n'est pas le feu du foyer qui s'emballe, ce sont les dépôts de suie et de bistre collés aux parois du conduit qui s'enflamment. Le conduit peut alors monter à plusieurs centaines de degrés, se fissurer et transmettre le feu à la charpente. Les pompiers en traitent près de 20 000 par an. Voici comment réagir, quoi faire ensuite, et comment l'éviter.

Reconnaître un feu de cheminée

Un feu de conduit se reconnaît à plusieurs signes, souvent simultanés, que rappellent les consignes des sapeurs-pompiers :

  • un ronflement sourd dans le conduit, comparé par les pompiers à un essaim d'abeilles, parfois accompagné de craquements ;
  • une fumée épaisse et abondante en sortie de toit, avec des étincelles ou des flammes au-dessus de la souche ;
  • des boules de suie incandescentes qui tombent dans le foyer ;
  • une odeur inhabituelle de brûlé ou de goudron dans la maison ;
  • un conduit ou un tuyau de raccordement brûlant, parfois rougi, et un mur chaud au toucher autour du conduit.

Un voisin ou un passant voit parfois le feu avant vous, depuis la rue. Au moindre doute, appliquez les réflexes ci-dessous.

Que faire en cas de feu de cheminée ? Les 5 bons réflexes

  1. Coupez l'air. Fermez la porte de l'insert ou du poêle et son arrivée d'air, ou la trappe du conduit d'une cheminée ouverte, si vous pouvez le faire sans vous brûler. Privé d'oxygène, le feu faiblit. Sur un poêle à granulés, coupez aussi l'alimentation électrique. Sur une cheminée à foyer ouvert, vous pouvez jeter du sable ou de la terre sèche dans l'âtre pour étouffer les braises ; ne rouvrez pas la porte d'un insert ou d'un poêle pour le faire.
  2. Ne jetez jamais d'eau dans le foyer ni dans le conduit. Un litre d'eau se transforme en environ 1 700 litres de vapeur au contact de la chaleur : la vapeur brûle, et le choc thermique peut fissurer le conduit.
  3. Faites sortir tout le monde, animaux compris, et fermez les portes derrière vous pour freiner la propagation. Écartez si possible le mobilier et le bois stocké près de la cheminée. Si la fumée vous bloque, baissez-vous, couvrez-vous le nez d'un linge humide, fermez la porte de la pièce où vous êtes et signalez-vous à la fenêtre.
  4. Appelez les pompiers au 18 ou au 112, même si le feu semble faiblir : il peut couver dans le conduit ou gagner la charpente sans bruit. Allez ensuite au-devant des secours pour les guider, surtout si l'accès est difficile.
  5. Ne rallumez pas l'appareil avant que le conduit ait été contrôlé par un professionnel.

À ne pas faire : monter sur le toit, ouvrir les fenêtres de la pièce, ce qui ravive le feu, ou tenter de « finir de brûler » le conduit. Un feu de conduit ne s'éteint pas de l'intérieur de la maison : il s'étouffe, et les pompiers font le reste.

Après un feu de cheminée : les démarches

Faire contrôler le conduit

La chaleur d'un feu de conduit fissure souvent la maçonnerie, fait éclater des boisseaux en terre cuite ou déforme un tubage métallique. Un conduit fissuré laisse passer les fumées, et avec elles le monoxyde de carbone, et peut rallumer un feu dans une cloison ou dans les combles. Avant tout nouveau feu, un professionnel inspecte le conduit, souvent à la caméra.

Un feu de cheminée signe presque toujours un conduit chargé de bistre : le contrôle débouche en général sur un débistrage, puis un ramonage qui donne droit au certificat. Si le conduit est trop abîmé, le professionnel peut conseiller un tubage. Le prix du débistrage dépend surtout de la longueur du conduit et du stade du bistre.

Prévenir votre assureur

Déclarez le sinistre dans le délai prévu par votre contrat, qui ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés (article L113-2 du Code des assurances). Prenez des photos des dégâts, demandez au service d'incendie et de secours de votre département une attestation d'intervention des pompiers (souvent en ligne), et gardez les factures d'inspection et de débistrage, et votre dernier certificat de ramonage : l'assureur le demandera presque toujours. Sans ramonage à jour, il peut réduire ou refuser l'indemnisation si le défaut d'entretien a causé ou aggravé le sinistre, selon les clauses du contrat.

Si vous êtes locataire

Le locataire répond de l'incendie du logement, sauf s'il prouve un cas fortuit, une force majeure, un vice de construction ou un feu venu d'un logement voisin (article 1733 du Code civil). Une attestation de ramonage à jour est votre meilleure défense. Prévenez aussi le propriétaire sans attendre. Qui doit faire ramoner et qui paie : voir le ramonage entre locataire et propriétaire.

Pourquoi un feu de cheminée se déclare

Un feu de conduit a presque toujours la même origine : du bistre accumulé sur les parois, un goudron très inflammable qui se forme quand les fumées refroidissent trop vite et se condensent. Il suffit ensuite d'une flambée plus chaude que d'habitude pour l'enflammer. Ce qui fabrique du bistre :

  • Le bois humide. Au-delà de 20 % d'humidité, une partie de l'énergie sert à évaporer l'eau, la combustion reste froide et la vapeur se condense dans le conduit avec les goudrons.
  • Le feu au ralenti, arrivée d'air fermée, surtout la nuit : c'est la première source de bistre dans les poêles et les inserts.
  • Les mauvais combustibles : résineux en grande quantité, bois peint, verni ou traité, palettes, déchets.
  • Un conduit négligé : pas de ramonage depuis plus d'un an, ou un conduit mal isolé, trop large pour l'appareil, qui refroidit les fumées.

L'étincelle qui déclenche le feu est souvent une flambée trop vive sur un conduit déjà encrassé : papiers, cartons d'emballage ou branchages brûlés d'un coup, ou un appareil poussé au maximum après un feu couvant. Le bistre passe par trois stades, de la suie poudreuse au goudron vitrifié : au-delà du premier, seul un débistrage de cheminée en vient à bout.

Un risque courant, surtout dans le nord et l'ouest

Les services d'incendie et de secours ont recensé 21 682 feux de cheminée en 2022, 20 128 en 2023 et 19 914 en 2024, d'après les statistiques du ministère de l'Intérieur. Ces totaux sont des minimums : quelques départements ne transmettent pas ce détail. En 2024, le Nord (707 feux) et le Pas-de-Calais (640) arrivent en tête, suivis par l'Ille-et-Vilaine, la Manche et la Seine-Maritime.

La plupart surviennent pendant la saison de chauffe, quand les appareils tournent longtemps, souvent au ralenti, et que le bois de l'hiver n'a pas toujours eu le temps de sécher.

Comment éviter un feu de cheminée

  • Faites ramoner au moins une fois par an, deux fois dans de nombreux départements, dont une pendant la période de chauffe (article R1331-71 du Code de la santé publique et règlement sanitaire de votre département). Lors du ramonage de cheminée, le professionnel repère le bistre avant qu'il ne devienne dangereux.
  • Faites débistrer dès que le ramoneur constate du bistre que le hérisson ne retire pas : c'est le dépôt qui prend feu.
  • Brûlez un bois sec, à moins de 20 % d'humidité, de feuillus durs, stocké dehors mais à l'abri. Un humidimètre bon marché suffit pour le vérifier. Voir l'article sur le bois de chauffage.
  • Préférez un feu vif à un feu couvant : ne chargez pas l'appareil à fond pour la nuit en fermant l'arrivée d'air.
  • Ne brûlez pas de cartons, de papiers glacés, de bois de récupération ni de déchets.
  • Équipez-vous : un détecteur de fumée est obligatoire dans tout logement depuis mars 2015, un détecteur de monoxyde de carbone est conseillé près des appareils. Une trappe de visite sur le conduit facilite le contrôle par le ramoneur et l'intervention des pompiers.
  • Videz les cendres à froid dans un seau métallique, posé dehors : des braises restent actives longtemps après le feu.
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Questions fréquentes

Feu de cheminée : vos questions

Les réponses aux questions que l'on se pose le plus souvent avant de faire débistrer son conduit.

Informations vérifiées en novembre 2026. Sources : Ministère de l'Intérieur (interventions des services d'incendie et de secours, 2022 à 2024), SDIS de la Haute-Saône (conduite à tenir en cas de feu de cheminée), Code des assurances (article L113-2), Code civil (article 1733), Code de la santé publique (article R1331-71).

Toutes les questions-réponses
Comment éteindre un feu de cheminée ?

Fermez la porte et l'arrivée d'air de l'appareil pour priver le feu d'oxygène, sans jamais jeter d'eau, faites sortir tout le monde et appelez les pompiers au 18 ou au 112. Un feu de conduit s'étouffe, il ne s'éteint pas depuis la pièce.

Faut-il appeler les pompiers si le feu de cheminée s'est arrêté ?

Oui. Le feu peut couver dans le conduit ou avoir gagné une poutre au contact du conduit, sans bruit ni flamme visible. Les pompiers peuvent contrôler le conduit et la traversée des combles.

Peut-on rallumer la cheminée après un feu de cheminée ?

Non, pas avant qu'un professionnel ait inspecté le conduit, souvent à la caméra. La chaleur a pu le fissurer ou déformer le tubage, et il reste en général du bistre à retirer par un débistrage.

L'assurance prend-elle en charge un feu de cheminée ?

Les dégâts d'un incendie sont en général couverts par l'assurance habitation, selon les garanties du contrat. L'assureur demandera presque toujours le dernier certificat de ramonage : sans ramonage à jour, il peut réduire ou refuser l'indemnisation si le défaut d'entretien a causé ou aggravé le sinistre.

Un poêle ou un insert peut-il faire un feu de cheminée ?

Oui. Le feu prend dans le conduit, quel que soit l'appareil. Les poêles et inserts utilisés au ralenti produisent même davantage de bistre qu'une cheminée à foyer ouvert.

Qui est responsable d'un feu de cheminée en location ?

Le locataire, sauf preuve d'un cas fortuit, d'un vice de construction ou d'un feu venu d'un voisin. Une attestation de ramonage à jour est sa meilleure défense.

L'intervention des pompiers est-elle payante ?

Non, pas pour un incendie : appelez le 18 ou le 112 sans hésiter. Pour votre assureur, demandez ensuite une attestation d'intervention au service d'incendie et de secours de votre département ; certains la font payer.

Une bûche de ramonage évite-t-elle les feux de cheminée ?

Non. Elle peut assécher une partie des dépôts entre deux passages, mais elle ne nettoie pas le conduit et ne remplace ni le ramonage obligatoire, ni le débistrage d'un bistre installé.